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Research Article | Volume 2 Issue 2 (July-Dec, 2021) | Pages 1 - 8
The Competition within the Union of Baptist Churches of Cameroon (UEBC), Some Sixty Years after the Departure of the "White" Missionaries
 ,
1
Université de Douala (IBA), Douala Cameroun
2
Université de Douala, Douala, Cameroun
Under a Creative Commons license
Open Access
Received
July 8, 2021
Revised
July 15, 2021
Accepted
Aug. 29, 2021
Published
Sept. 30, 2021
Abstract

Au Cameroun, l’Église est devenue un véritable acteur économique au service du développement. Le marché étant ouvert et prometteur, l’UEBC s’est, comme d’autres obédiences religieuses, investi dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Se prévalant d’une mission historique dans ces secteurs, l’UEBC a du mal, une soixantaine d’années après le départ des missionnaires « blancs », à s’arrimer aux exigences du management et/ou de la gouvernance des organisations contemporaines, marquées par l’efficacité et l’efficience au service de la rentabilité sociale et économique. Ainsi donc, comment analyser les processus de désignation des dirigeants et les jeux d’acteurs à l’UEBC ? Autrement dit, qu’est-ce qui expliquent les querelles parfois violentes autour de la désignation du top management de l’UEBC alors que les textes et les procédures en la matière sont connus de tous les acteurs ? L’hypothèse qui soutend notre analyse est la suivante: les rôles sociaux influents que jouent certains acteurs individuels et collectifs dans la désignation du Directoire de l’UEBC plongent ladite organisation dans une profonde crise de gouvernance. Cet article propose une lecture qualitative des chamboulements au sein de l’UEBC.

Keywords
INTRODUCTION

Le Cameroun héberge plusieurs obédiences religieuses qui font par ailleurs la marque de son dynamisme culturel et, surtout, la variété de son offre spirituell [1]. Plusieurs organisations religieuses ainsi présentes sur son territoire, non seulement doivent rivaliser entre elles pour la conquête du vaste «marché de la foi», mais aussi, il se trouve qu’au sein de certaines congrégations comme l’UEBC, les compétitions internes neutralisent l’action économico-organisationnelle et voir même spirituelle. La cause ici se trouve dans la gestion globale de la structure et plus particulièrement, au niveau de la désignation des dirigeants. Ainsi, comment analyser les processus de désignation des dirigeants et les jeux d’acteurs à l’UEBC? Autrement dit, qu’est-ce qui expliquent les querelles parfois violentes autour de la désignation du top management de l’UEBC alors que les textes et les procédures en la matière sont connus de tous les acteurs? Le présent article se propose d’analyser les jeux d’acteurs tant collectifs qu’individuels autour des règles de désignation des dirigeants de l’UEBC et son impact sur le fonctionnement de cette organisation. Pour y parvenir, un détour théorico-méthodologique est nécessaire afin de préciser le sens de notre lecture. 

 

Quelques Eléments Théorico-Méthodologiques sur la Gestion des Organisations Religieuses

L’essentiel de ce détour porte sur le passage de l’expérience de la pratique individuelle de la religion à sa pratique collective et organisationnelle, mutation à la base d’un ensemble de comportements qui conditionnent son fonctionnement. Il s’agit en outre de présenter quelques repères de la démarche ayant conduit la collecte des données nécessaires à la réalisation de cet article.

 

La Religion: de L’expérience Individuelle au Phénomène Collectif et Organisationnel

De nos jours, il serait difficile, d’isoler le phénomène religieux des phénomènes sociaux. Du point de vue scientifique, l’institutionnalisation des phénomènes religieux permet de les appréhender comme des mouvements sociaux, afin d’entrevoir une possibilité de conceptualisation [2,3]. En allant étudier le totémisme indigène Durkheim [4] se proposait ainsi de saisir l’essence même de la religion. Son assertion du religieux servant de base à plusieurs conceptualisations du phénomène [5,6], isole deux dimensions encore d’actualité à savoir, le spirituel ou sacré, et le profane qui relève de l’ordinaire et de la vie ambiante. À sa suite, plusieurs chercheurs se sont investis à retrouver le sens profond de la religion dans son évolution spatio-temporelle. Mais dans le cadre de cet article, les assertions sur lesquelles nous adossons notre raisonnement sont celles de Weber [7] de Glock et Stark [8].

 

Commençons plutôt par Glock et Stark (Op cit). Ces deux sociologues américains, connus pour avoir développé les deux dimensions fondamentales de Durkheim, en ont ajouté trois nouvelles qui permettent de mieux cerner les réalités contemporaines du religieux. Ils nous ont ainsi livré ce qu'on appelle les cinq dimensions de la religiosité: la dimension idéologique (les croyances), la dimension rituelle (les pratiques), la dimension de l'expérience (le sentiment religieux), la dimension intellectuelle (la connaissance) et la dimension morale ou des conséquences (les effets éthiques de la religion sur la société et sur l'individu).

 

À la lecture de cette élaboration, on voit bien que la religion est appréhendée comme un phénomène davantage individuel que collectif. Lorsque allusion est faite au collectif, les marques sur l’individuel servent d’appui. C’est alors que la dimension morale constitue par exemple, le socle des valeurs à l’intérieur duquel s’appuient les uns et les autres afin d’orienter, de légitimer, de justifier leurs actes. Sur cette base éthique et morale, la religion devient collective, sociétale. Mais la dimension individuelle de l’expérience religieuse s’impose au collectif. Cela s’explique peut-être en raison de cet aphorisme devenu une ritournelle: « le salut est individuel ». Même s’il existerait de la place pour tous, cette idée qui est introduite au sein du collectif des croyants, est empreinte des relents de compétition, laquelle compétition est appréhendée ici au sens spirituel du terme pour l’instant. Cette idée ne s’éloigne pas du tout de la conception wébérienne (op.cit.) de la compétition, encore moins de la religion.

 

Deux grandes idées découlant en effet de la conception de la religion dans un contexte capitaliste nous intéressent chez Weber.

 

D’abord, la religion comme socle des principes et valeurs orientant le comportement du pratiquant religieux dans la vie courante et les affaires. Ici, la mise en évidence de la rationalité économique du croyant s’appuie sur les principes et valeurs du protestantisme. Le rayonnement du capitaliste protestant dans les affaires trouve une explication dans l’ascétisme séculier, le travail, l’honnêteté et l’accumulation, entre autres valeurs morales que promeut cette religion.

 

Ensuite, la seconde idée consiste en la conception de la religion comme une organisation, mais surtout, comme une organisation à l’intérieure de laquelle s’exerce le pouvoir. En effet, la religion conçue comme organisation est, pour emprunter le vocabulaire mathématique, un ensemble ouvert et fermé [9]. C’est pourquoi elle ne diffère en rien d’une organisation ordinaire. Ce qui fait la spécificité de l’organisation religieuse contemporaine, c’est son caractère ambigu, ambivalent, poursuivant plusieurs missions souvent incompatibles du point de vue de l’éthique, et des valeurs que cette dernière prêche et propage [10]. Dans ce sens, non seulement la religion se donne pour principale mission l’encadrement des esprits, se présentant comme le pont entre l’irréel et le réel, l’industrie des valeurs sur lesquelles se réfère souvent le commun des mortels (l’église ayant une vocation universelle), la religion se propose aussi de produire de la plus-value pour son existence et sa survie matérielle.

 

C’est dans l’atteinte de cette dernière mission qu’elle va complexifier son organisation, non seulement en contribuant à l’édification de la société dans tous les secteurs de la production, mais aussi et surtout en attisant la rivalité, la convoitise et/ou la compétition pour le contrôle et pourquoi pas, l’appropriation des ressources qu’elle produit. C’est ici que la notion de pouvoir, très chère à Weber dans l’organisation, aussi religieuse soit elle, fait son entrée.

 

Selon Weber [11,12], il y a trois types d’idéaux de légitimation du pouvoir que l'on peut retrouver même au sein des organisations religieuses: (1) l'autorité administrative rationnelle-légale, (2) les coutumes de type traditionnel, (3) la prophétie charismatique. Ces sources de pouvoir, ou d’autorité nécessaire, souvent concentrées ou encore transversalement reparties dans l’organisation, constitueraient selon les cas et les contextes, la source des conflits ou les raisons de son équilibre [13]. On comprend bien que l’organisation ecclésiale contemporaine doit résoudre l’ambiguïté qui la traverse, à savoir le conservatisme des pratiques culturelles et spirituelles d’une part et, d’autre part, l’arrimage aux principes modernes de dévolution de pouvoir et de gestion des organisations [14].

 

Au Cameroun, plusieurs obédiences religieuses négocient tant bien que mal cette amphibologie, notamment les religions catholique et musulmane. Pour la première, à cause d’un ancrage historique et extérieur très dominateur ne laissant aucune marge de manœuvre supra-organisationnelle locale - Ici, il faut bien avouer que le caractère impersonnel et la divination des actes de désignation du clergé sont un dogme qui légitime les choix managériaux dans cette organisation. Autrement dit, le détenteur du pouvoir dans l’église catholique est universel, peut-être même atemporel. C’est le divin, et son représentant humain est le Pape. Ses décisions et choix sont des actes saints et s’imposent à toutes les congrégations. Il est, depuis le Vatican, seul dépositaire de la sainteté et dans les différents pays, les conférences épiscopales constituent des dépositaires délégués. On peut bien voir, avec l’exemple catholique, comment la forte centralisation rime avec la décentralisation et l’autonomisation, sous la houlette d’un puissant endoctrinement-mais tout de même, sécrétant une relative autonomie et une décentralisation bien maîtrisée à la base. 

 

Quant à la seconde, traversée par plusieurs courants fondamentalistes dans le monde, elle trouve son unité et sa stabilité au Cameroun à travers une pratique spirituelle saine, une autonomie réelle de chaque communauté musulmane et surtout, l’union des esprits des croyants dans l’observation des piliers de l’Islam [15,16]. C’est une organisation acéphale dont il n’existe, à l’échelle mondiale aucun gourou détenteur du pouvoir spirituel, encore moins de désignation supra-organisationnelle. 

 

La vague protestante, disséquée et débridée, traversée par les vents indépendantistes, présente un modèle synthétique des deux premières à l’articulation très tatillonne, pour ne prendre que le cas de l’UEBC.

 

L’UEBC, bien qu’étant une institution ecclésiale, voudrait répondre aux normes d’une institution aussi bien privée que publique. C’est pour dire en d’autres termes que, pour sa survie dans le temps et dans l’espace, et pour son fonctionnement, il lui faut une équipe dirigeante qui va impulser une dynamique en son sein. Ladite équipe arrive aux affaires grâce à un processus électoral à l’issue duquel sortiront les membres du bureau exécutif, encore appelés Directoire. 

 

Cependant, le processus de désignation qui conduit au choix des membres du Directoire est un long parcours parsemé d’embuches et de plusieurs irrégularités. Ces irrégularités relèvent à la fois des comportements dictatoriaux générés par un système de mauvaise hybridation entre les normes et valeurs religieuses (Les normes et valeurs qu’observait déjà Weber à son temps parlant de l’éthique protestante) et la rationalité légale. Cette dernière voudrait bien que les dirigeants reçoivent une légitimé impersonnelle, dont l’un des leviers est leur désignation par un ensemble de procédures dont fait partie l’élection. S’ajoute à cela la présence des reliques perverses du système managérial colonial car, ne le perdons pas de vue, ces Églises restent et demeurent les survivances de la colonisation dont elle a hérité des tares. Par conséquent, la pseudo-indépendance accordée aux colonies et aux organisations suigénéris, a fait naître et attiser le repli identitaire et communautaire dans les sociétés africaines, ainsi qu’au sein des institutions religieuses [1,17].

 

Quelques Eléments Méthodologiques de Notre Réflexion

Disons tout simplement que la méthode est l’ensemble des opérations intellectuelles par lesquelles une discipline cherche à atteindre les vérités qu’elle poursuit, les démontre, les vérifie [18]. Il s’agit d’un schéma explicatif, car le propre de la méthode est d’aider à comprendre au sens le plus large, non seulement les résultats de la recherche, mais également le processus de la recherche en lui-même [19]. Énonçons une fois de plus l’hypothèse qui soutend notre analyse: les rôles sociaux influents que jouent certains acteurs individuels et collectifs dans la désignation du Directoire de l’UEBC plongent ladite organisation dans une profonde crise de gouvernance. Ces rôles sociaux des acteurs influents qu’il conviendrait d’appréhender dans le jeu autour des règles de la désignation du Directoire, l’organe dirigeant de cette organisation religieuse. 

 

L’observation participante, le protocole documentaire et les entretiens avec les acteurs stratégiques exerçant dans les différentes sphères du système ecclésial de l’UEBC ont servi comme moyen de collecte des données.

 

L’observation est une étape pendant laquelle le modèle d’analyse est confronté à des données observables, permettant ainsi de rassembler de nombreuses informations [20]. Pour notre étude, nous avons opté pour l’observation dite participante. Pour cet outil, l’observateur est un 

membre initial du groupe observé, ou rentre dans le groupe pour participer totalement à sa vie et à ses activités. Il s’agit donc d’une immersion dans la vie du groupe qui nécessite de grandes capacités de prise de distance, notamment affective. L’objectif de cet outil de recherche est tout simplement de comprendre et de décrire. L’immersion dans ce cas, a donc pour but de comprendre mieux le phénomène, les actes et les comportements des acteurs, et non d’en prendre parti.

 

À cet effet plusieurs dysfonctionnements au sein des différentes missions adossées à l’Église ont été observés. Cet outil scientifique nous a permis de déceler les multiples dysfonctionnements managériaux de l’UEBC dans ses différentes missions que sont: la pastorale, l’éducation et la santé. Ces derniers se caractérisent de la manière suivante:

 

  • La mission pastorale: un écart considérable dans la gestion globale des ministres du culte à l’UEBC

  • La mission d’éducation: la fermeture de plusieurs établissements scolaires (maternels, primaires, secondaires techniques et d’enseignement général. Des bâtiments abandonnés depuis plusieurs années dans la broussaille. Parmi les établissements encore fonctionnels, la majorité des infrastructures se trouve dans un état de délabrement physique assez prononcé avec des enseignants transformés en des sous-employés

  • En ce qui concerne la mission de santé, la quasi-totalité des structures sanitaires du département du Mbam et Inoubou appartenant à ladite institution ont, par exemple, totalement fermé et les locaux laissés aux pilleurs, aux reptiles et animaux de toutes espèces. Ce patrimoine de l’UEBC a permis d’entretenir une bourgeoisie cléricale constituée d’une catégorie de pasteurs et de leurs proches. Tel est grosso-modo le tableau peu flatteur qui ressort à l’observation des structures de l’UEBC

 

L’analyse documentaire est présentée comme l’un des instruments de collecte de données des plus utilisés en sciences sociales [21]. Elle est l’opération qui consiste à présenter, sous une forme concise et précise, des données caractérisant l’information contenue dans un document ou un ensemble de documents. L’analyse de la documentation est relative aux actes de gestion (les promotions, le déploiement du personnel, la désignation des dirigeants à travers les textes y relatifs… Parlant des documents évoqués, nous avons pu avoir une copie du Règlement Intérieur de ladite institution, texte supposé orienter les comportements et constituant le socle sur lequel s’appuie la discipline de l’institution. Cette immersion nous a permis de mener une lecture socioéconomico-juridique dans le but de ressortir les incohérences entre les faits et les écrits dans les procédures de management du personnel et de désignation des dirigeants. Au total, le protocole documentaire était axé sur deux points: le premier axe portait sur le management social. Ce dernier revient à questionner la gestion du personnel des différentes missions dans lesquelles l’UEBC exerce. Le second axe concerne la gestion et la redistribution des finances sur la base des rapports d’exécution des budgets.

 

 L’ultime outil méthodologique auquel nous avons eu recours est l’entretien. Il est présenté comme une situation de communication orale entre l’enquêteur et l’enquêté [22,23]. Il s’agit donc de rencontrer les individus qui sont impliqués ou qui ont une bonne connaissance des différents sujets en étude.

 

Dans le cadre de celle que nous menons, nous nous sommes entretenus avec les ministres du culte de ladite institution. Pour le secteur éducatif, les entretiens ont été menés avec les directeurs, les différents responsables du secteur de l’éducation et les enseignants. Pour terminer, le personnel de santé et les personnes en charge des différents patrimoines sont venus compléter la liste des acteurs avec lesquels nous avons eu à nous entretenir. L’objectif de ces différents entretiens était d’appréhender et de comprendre le phénomène de crise qui gangrène cette institution ecclésiale. Pour recueillir les informations et les opinions des uns et des autres, nous avons élaboré un guide d’entretiens dont les axes sont: l’usage du pouvoir, la déontologie et l’éthique, les différentes dérives managériales, l’appareil répressif et surtout les perceptions du système de gestion de l’UEBC auprès des fidèles.

 

Au total, la population est constituée d’abord des dirigeants des différentes communautés qui composent les différentes conventions. Ensuite, nous nous sommes entretenus avec les Anciens d’Église desdites conventions, car ces derniers accompagnent les ouvriers affectés dans la gestion des affaires ecclésiales et parfois du patrimoine de l’Église. Enfin, les chrétiens appartenant aux dites conventions ont constitué le troisième et dernier échantillon.

 

Quant au secteur éducatif, afin de mieux cerner la situation au sein de l’œuvre scolaire de cette institution ecclésiale, les différents chefs d’établissements et leurs enseignants ont constitué les cibles des entretiens. Dans le domaine de la santé, les chefs des différents centres hospitaliers ont été les cibles majeures des entretiens. Face à cette pluralité de situations que connait cette institution, cet article se focalise sur l’analyse de la principale, à savoir la désignation du Directoire et des dirigeants de l’UEBC, d’autant plus que c’est elle qui a une incidence réelle et directe sur le management de cette organisation tant au niveau macro que micro structurel. 

 

L’échantillon ici, on peut le constater, est mixte et raisonné, compte tenu de l’hétérogénéité des acteurs de l’organisation « UEBC ». Cet échantillon est constitué des pasteurs parmi lesquels, un pasteur démissionnaire du fait d’une gestion catastrophique de l’institution, les Anciens/anciennes d’Église, des chrétiens, des enseignants et des infirmiers. Par conséquent, la taille de notre échantillon s’élève à 40 individus répartis de la manière suivante: pasteurs, Anciens d’Église, membres du Directoire, soit 17 individus rencontrés pour un pourcentage de 42,5%. Enseignants, 13 individus pour un pourcentage de 32,5%. Les membres du corps médical, soit 10 personnes, pour un pourcentage de 25%. Ces écarts observés dans les répartitions des proportions sont dus aux nombreuses difficultés auxquelles nous avons dû faire face lors de nos entretiens; ce qui nous a amené à modifier nos statistiques. L’analyse des contenus de textes et de discours a ponctué l’analyse des données

 

La mise en Place du Directoire de L’organisation: un Processus Complexe en Proie à la Roublardise à L’UEBC

Le déroulement des opérations relatives au choix des dirigeants à l’Union des Églises Baptistes du Cameroun ne diffère en rien, à la mise en place d’un establishment. Les buts et les finalités de cet establishment sont l’extraversion des missions spirituelles, culturelles et sociales de cette organisation religieuse, au profit d’une logique instrumentale et matérielle. La Conférence Générale, instance suprême de l’organisation, est révélatrice à suffisances de la mascarade électorale, lors de ses sessions électives qui interviennent après cinq ans (05). Le cas de celle de Ngaoundéré en 2014 fait encore date à ce jour, elle qui a vu, grâce à l’application de la loi fondamentale de l’UEBC, l’avènement à la fois d’un nouvel électorat et, à terme, de nouveaux élus, membres à diverses échelles du très puissant Directoire. Ce seul exemple avait démontré l’usage des critères subjectifs dans la désignation desdits membres, avec au bout, un processus électoral tronqué.

 

Un Electorat Hétéroclite et Querellé

Le code électoral de l’UEBC fixe les conditions pour être électeur: « Ne peut être éligible ou électeur qu’un délégué dont l’Église ou la convention est à jour de sa cible à la date de la conférence générale », ici la cible renvoie aux cotisations. Or l’UEBC regroupe en son sein les pasteurs, les évangélistes, les Anciens et les chrétiens. Le principe voudrait que tous ces acteurs, précisément les évangélistes, soient désignés comme délégués à la conférence et jouir de la qualité d’électeur lors de ces séances plénières. Or, ce n’est pas souvent le cas. À contrario, une grande partie des ouvriers au Sud Cameroun a été transformée en électeurs au profit du Directoire sortant. La question qu’on est en droit de se poser est celle de savoir s’il est pertinent de désigner un manager d’organisation sous un modèle électif qui, pis encore, est discriminatoire et déséquilibré, tout en excluant dans le processus une catégorie de collaborateurs ? L’autre paradoxe est que les évangélistes du Nord Cameroun sont tous électeurs bien que ce droit leur est querellé. Dans la même logique, certains présidents de conventions « fabriquent » des électeurs, montés de toutes pièces, qui sont des représentants des communautés biens distinctes, en lieu et place des ouvriers en service, ainsi que l’attestent ces propos d’un pasteur à qui nous avons promis l’anonymat:

 

La désignation du directoire à L’UEBC donne l’occasion de comprendre qu’ici, la foi et la croyance aux saintes écritures sont un prétexte pour le positionnement des uns et des autres, et ce n’est que cela qui peut expliquer autant de cafouillages et de querelles fratricides.

 

Toutes ces manœuvres mettent en scène les fraudes, des manipulations politiciennes, des failles dans le système de désignation des dirigeants des institutions et organisations africaines [24]. 

 

La Répartition des Délégués à la Conférence et les Errances du Texte Fondamental de l’UEBC

Les délégués à la conférence représentent le collège des électeurs et des candidats au Directoire. En effet, les dispositions de la Constitution en vigueur dans l’Union des Églises Baptistes du Cameroun encadrent le jeu et, à la limite, la malice. En matière de désignation des délégués à la conférence générale, l’article 37 de ladite constitution stipule que.

 

Le nombre de délégués par église ou par convention à la conférence générale est déterminé comme suit et de façon cumulative: toutes les églises membres de l’union sont représentées par un (1) délégué. En fonction de la taille de l’église, des membres supplémentaires leur sont accordés. 

 

De ce fait, une petite église ne s’en tiendra qu’à son unique membre et ne comptabilisera aucun délégué supplémentaire; une église moyenne deux (02) délégués supplémentaires; une grande église 04 délégués supplémentaires. Sauf que, ce texte n’est pas du tout explicatif ou du moins pas exhaustif sur la définition des différentes catégories d’église, et ouvre ainsi le champ aux spéculations de catégories et de tailles d’église, étant attendu que l’enjeu pour les candidats est de rassembler le plus de délégués favorables pour l’élection. On verra ci et là des critères subjectifs de catégorisation et/ou de classification des églises. Une église considérée grande par son nombre de chrétiens ne comptera qu’un délégué, alors qu’une église de moins d’une cinquantaine d’âmes enregistrera 04, ceci en fonction de la tendance forte du Directoire pour son maintien. C’est à se demander si cette technologie managériale de la répartition du nombre d’électeur par église n’est pas empruntée à l’organisation politico-administrative du pays, auquel cas, il devrait se prévaloir des droits d’auteurs (Un clin d’œil est fait à la répartition des députés dans les circonscriptions électorales au Cameroun).

 

L’entrée des Pasteurs dans le Directoire: la Mise entre Parenthèse de la Rationalité Spirituelle et Religieuse

Ne perdons pas de vue que l’organisation nous analysons reste une organisation religieuse. La compréhension et l’analyse des comportements des uns et des autres ne doit pas s’éloigner de l’éthique religieuse ou, pour parler comme Weber, de l’éthique protestante. Ainsi, un écart de comportement devrait être observé entre les laïcs et les pasteurs, ces derniers garants d’une doctrine qui se veut universelle et qui orienterait les comportements des uns et des autres.

 

Après la désignation des membres du Comité Baptiste Laïcs, ceux investis par les Anciens d’Église en sessions ordinaires de leurs assises de convention, les pasteurs eux aussi font l’objet d’une sélection par les différents délégués, en vue de leur admission au comité. Il convient de noter que ledit comité est constitué de 27 pasteurs. Leur sélection achevée, le bataille s’ouvre pour l’admission au sein du Directoire, appelée selon son activité, Conseil d’Administration. Tout comme les étapes précédentes, celle de la désignation des membres de ce conseil est le théâtre de manipulations, tractations, accords et cooptations. En effet, des ententes naissent entre pasteurs dans l’optique d’insuffler une discipline de vote à leurs délégués avec à la fin du processus des récompenses pour les contractants. Généralement cette récompense est liée à l’affectation en tant que pasteur dans une « Église dite rentable (La rentabilité de l’église est fonction de son emprise, du nombre de fidèles et surtout des offrandes œcuméniques qui constituent en majorité la rétribution du pasteur)». Bien que ces alliances et ces jeux n’aient rien de négatif de prime à bord, il n’en demeure pas moins que la conséquence qui en résulte souvent est le déploiement des pasteurs sur une base de la récompense électorale. Ainsi, certaines grandes églises vont recevoir des ouvriers peu compétents avec une éthique très douteuse. 

 

Un Processus de Cooptation Altéragène 

La spécificité du processus de désignation du Directoire à l’UEBC est tributaire de plusieurs facteurs. Le scrutin de liste, ici, se défait des fondamentaux de ce mode électoral démocratique à tel point que se dessine, au bout du processus, un consensus déguisé.

 

Un Scrutin de Liste Rebattu 

Puisque cette étape ne concerne que les pasteurs, une liste des éligibles est proposée, sous réserve des critères d’ancienneté et de non caducité. En effet, le pasteur éligible au comité Baptiste doit jouir d’une ancienneté en fonction d’au moins cinq (05) ans avant la tenue de l’élection et d’une durée équivalente avant son départ à la retraite. Être éligible ne garantit en rien l’entrée des uns et des autres au comité Baptiste. Il faut répondre à d’autres critères qui ne sont ni scientifiques, ni objectifs, et qui ne participent en rien à l’amélioration de la situation de précarité, d’incertitude et d’instabilité dans laquelle se trouve cette organisation religieuse. Au contraire, les têtes de listes, c’est-à-dire ceux qui aspirent aux plus hautes fonctions dans l’Église, constituent leur liste souvent à partir des critères très peu valorisants tels que (l’origine tribale, le lobbysme, la valorisation des moins méritants et même des médiocres…) 

 

Dans ce milieu, on rencontre des personnes d’un bagage intellectuel saisissant, voir impressionnant tant sur le plan théologique que dans les autres domaines, mais très éloignées des affaires. Tout simplement parce qu’elles appartiennent à un camp et non à l’autre, ou parce qu’elles sont neutres. Le système de liste est très vicieux à l’UEBC, car il crée entre les ministres du culte une inimitié profonde (La rancœur fait que le simple salut devient impossible entre les ministres du culte), chaque pasteur prêchant pour sa «chapelle politique», pour ainsi dire. Les conséquences pour la liste malheureuse à l’issue de l’élection sont toujours les mêmes: les pasteurs ayant soutenu la liste ayant perdu l’élection sont redéployés dans des zones rurales très enclavées et sont frappés de disgrâce dans le milieu ecclésial. Ceux-ci deviennent des pestiférés aux yeux des membres de l’équipe vainqueur, des indésirables, des personnes qu’il faut maintenir à tout prix à distance.

 

La conquête du pouvoir est tellement atrabilaire et irascible dans ce milieu qu’aucun camp ne fait de faveur à l’autre. Cette conquête paraît d’ailleurs plus insociable et bilieux que dans les organisations ordinaires et la société ambiante; ce qui fait penser que le milieu ecclésial est un milieu de production des biens spécifiques et économiques sous la couverture spirituelle. Dans cette escarmouche de positionnement, les scandales deviennent légion, des révélations intimes sont mises sur la place publique, des invectives sont adressées aux uns comme aux autres, des schismes sont créés. Tout est mis en œuvre pour assurer une victoire, y compris, comme on est en contexte africain, l’usage des forces mystiques [25]. Les 27 ayant obtenus le plus grand nombre de voix sont reconnus membres du comité Baptiste et parmi eux, sortiront les neuf de la Direction. 

 

Le Vote: une Vilénie à l’UEBC 

L’appréhension du vote à l’UEBC nous amène à évoquer le déroulement de la dernière élection qui s’est tenue le 25 janvier 2019 à Yaoundé. De prime à bord, les us et coutumes d’une élection démocratique, le jour du vote, n’ont pas été observées. Les scrutateurs choisis par la commission électorale n’ont pas joué pleinement leur rôle, ce qui a permis et facilité la multiplication des dérives parmi lesquelles, les regroupements des votants. En outre, l’article 42 du Règlement Intérieur de ladite institution stipule que le vote est secret, autre disposition ayant été bafouée. Cette situation et cette façon de faire, en rien inédites à l’UEBC, sont - parait-il - dus à l’absence d’isoloir. Comme le dit le collectif de la renaissance de l’UEBC dans une lettre intitulée « appel à la renaissance de l’UEBC», cette absence fait que «certains en ont profité pour remplir les bulletins pour d’autres et, de fait, pour voter à leur place. Ce dont personne ne pouvait se plaindre ». Ce même collectif pointe encore du doigt ladite commission, qui n’a pas rendu public le nombre de votants pour le comparer au nombre des bulletins à dépouiller.

 

Contrairement à ce qui était mentionné sur le procès-verbal de l’élection, le nombre de votants effectifs n’avait pas été porté à la connaissance de tous au moment du dépouillement. Et ce qui est encore grave, le nombre de bulletins sortis des urnes avant que ne débute le dépouillement n’a pas été communiqué. De ce fait, et par la faute de la commission électorale, le nombre des votants n’avait pu être comparé au nombre des bulletins à dépouiller.

 

Pourtant, une élection n’est fiable et transparente que si et seulement si le nombre de bulletins est rigoureusement égal au nombre de votants effectifs. Par ce fait, l’élection de Yaoundé avait révélé une variable claire dans cette institution: la fuite des repères spirituels. S’il est vrai que l’achat des voix est une procédure propre aux politiciens durs et purs, l’éthique chrétienne ne la perçoit pas de la même manière. Elle permet aux uns et aux autres de faire un choix en fonction des valeurs chrétiennes et de leur vécu spirituel. Ce qui n’était pas le cas. Les électeurs vendaient ainsi leur conscience aux griots, qui à leur tour ne pensaient ainsi qu’à rempiler encore et encore.

 

L’avènement des sociétés démocratiques et la mondialisation ont apporté l’alternance au pouvoir, au détriment des valeurs africaines liées à la sacralité et à la longévité du pouvoir. Ce bicéphalisme de la conception du pouvoir est responsable des querelles autour du pouvoir même au sein de l’Église, par ailleurs considérée comme le socle des valeurs de paix et de tolérance. La voie électorale de désignation des dirigeants n’assure toujours pas l’unanimité en Afrique [26]. Tout simplement parce que le système démocratique dans la plupart des cas met hors-jeu les perdants, et n’offre aucune limite aux gagnants. L’Église dans ce contexte est traversée par ce vent de déstabilisation lié à la conquête d’un pouvoir égoïste qui assure la prédation des biens économiques et spirituels en lieu et place de leur gestion, de leur management et de l’encadrement du peuple de Dieu.

 

Un Consensus Délacé

À la suite des multiples tractations et consignes de vote, le principe voudrait que le candidat arrivé en tête avec le plus grand nombre de voix soit le Président Général. Celui-ci est appelé à constituer son bureau tout en introduisant les laïcs et en considérant les grands groupes socioculturels présents dans l’Église. Mais cette procédure n’a pu être observée lors de la dernière élection qui s’est tenue le 25 janvier 2019 à l’Église UEBC Espérance de Yaoundé. Le candidat qui a reçu le plus grand nombre de suffrages valablement exprimés, s’est vu non seulement refuser la place de Président de l’Église, mais aussi la possibilité de mettre en place son équipe dirigeante, c’est-à-dire les membres du bureau exécutif. Ce cas de figure s’expliquerait au regard de l’article 41 alinéa 1 de la constitution, lequel stipule que: «Sont éligibles: les pasteurs membres du comité exécutif ayant fait au moins un mandat au comité baptiste, âgés entre quarante (40) et soixante-cinq (65) ans au plus, disponibles et de bonne moralité». On voit que cette disposition contribue à l’empaillage et à la taxidermie du pouvoir sous une forme ou une autre. Des textes taillés pour une caste, une horde horrifiante de personnes pour perpétrer une certaine suprématie hégémonique et une classe dirigeante acquise à une certaine cause. Après des années d’attente pour une éventuelle consécration, ensuite celle de l’éligibilité pour prétendre entrer au comité, il faut encore remplir une autre exigence: Celle d’avoir fait au préalable un mandat en tant que membre du comité, afin de prétendre briguer un poste au bureau exécutif. 

 

Au demeurant on note des cas cocasses au cours desquelles le premier au comité renonce à la présidence mais constitue lui-même son bureau, ou encore le premier ne donne pas à son suivant immédiat la fonction qui lui est due. En tout état de cause, le respect des contours sus visés en appelle toujours à une forme de consensus, même si les intérêts partisans dominent.

 

Le déploiement du verdict des urnes fait également objet d’étrangeté à l’UEBC. En effet, les nominations aux différentes charges tiennent de l’implication des uns ou des autres dans la défaite ou la victoire d’un camp. Au-delà, l’un des appareils répressifs privilégiés des vainqueurs est la session d’affectation, avec en prime, la récompense des courtisans et loyaux, mais aussi et surtout, la déchéance des «autres» au mépris des compétences et atouts dont la conjugaison mènerait peut être la congrégation vers des lendemains meilleurs. 

 

Il convient également de préciser combien les pratiques vont parfois au-delà du cristallin et de l’intelligible, car la consécration des pasteurs obéirait à des critères connus. Mais généralement, ladite onction prête à un jeu qui ne vise que la préparation d’un électorat pour les échéances à venir pour le consécrateur. L’on se souvient d’un cas patent, celui du Révérend Douala Diboti, consacré à moins d’un an de la retraite et admis à y faire valoir ses droits le moment venu, pour n’avoir pas su sympathiser avec le pouvoir en place. C’est également le cas du Pasteur Baketa qui dégoutés de ce fonctionnement, avait claqué la porte pour se retrouver dans une autre organisation religieuse où il pense l’avenir matériel plus prometteur.

CONCLUSION

Comment donc comprendre et expliquer la crise qui traverse l’institution UEBC du Cameroun ? Telle est la principale préoccupation de la réflexion qui s’achève. En effet à partir du mode de promotion du Directoire, du jeu des acteurs autours des règles, il est possible d’établir que les crises que traversent l’ensemble des missions de l’organisation UEBC prennent naissance à la cooptation du Directoire. Démonstration a été faite qu’il s’agit d’un système de désignation qui est émaillé d’incompréhensions et surtout de pratiques suspicieuses. Mais à y regarder de près, tout en suivant les mouvements des acteurs, seule la bataille pour le contrôle des ressources est le véritable enjeu, et pour y parvenir, tous les moyens sont bons. Sauf que les positions de pré-bandes qui assurent le contrôle et l’accaparement égoïste des ressources nécessitent une légitimation. La piste de l’élection s’avère être le moyen le plus répandu dans les sociétés démocratiques pour légitimer la hâblerie et l’imposture. C’est pourquoi nous convenons avec Ndedi Penda [27] que les élections ne riment pas forcement avec démocratie et gestion rigoureuse et valorisante de l’organisation. 

 

L’Église d’une manière générale et l’UEBC de manière particulière, est une institution qui a un rôle socio-économique, culturel et même politique important dans la société camerounaise. Elle est, comme la plupart des organisations religieuses du pays, dépositaire voir même concessionnaire de l’éthique et de la morale, et un véritable agent de socialisation et de collectivisation. Sa richesse historique au Cameroun fait d’elle une pionnière de l’évangélisation des peuples. Pour retrouver cette image et cette place jadis occupée dans la société, l’UEBC doit se réinscrire dans un véritable processus de désignation de ces gouvernants et ceci passe par: (1) la relecture neutre et non partisane de ses textes fondamentaux que sont la constitution et le règlement intérieur; (2) l’appel à candidature au poste de Président en faisant prévaloir les compétences discursives et rationnelles en management des organisations; (3) la promotion saine des équilibres sociologiques dans ses diverses missions. C’est en cela qu’elle parviendrait à concilier efficacité et efficience sur les plans à la fois spirituel, économique et social. Ce que Weber (Op.cit.) appelait à son temps l’éthique protestante et l’esprit du capitalisme.

REFERENCES
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  27. Ndedi Penda, P. Cameroun: Les parrains de la corruption. Yaoundé: Clé, 2006.

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