This article aims to analyze the impact of school holidays on the occurrence of pregnancies at the Lycée moderne de Port-Bouët (Abidjan, Côte d'Ivoire). Data were collected from parents of students, officials responsible for supervising students in pregnancy situations, and young adolescents who were pregnant or not. Both quantitative and qualitative methods were employed, revealing that school holidays are times of freedom, during which young people, especially girls, engage in various activities or practices outside the school environment. It is during these times that they most often contract pregnancies. Consequently, the school appears as the setting where pregnancies are discovered, yet the space where they generally occur is overlooked or rarely addressed. Data analysis also highlights three major factors that contribute to the occurrence of pregnancies during school holidays: differentiation in perceptions of school holidays between young people and parents, a weakening of parental authority over the young, and a lack of recreational opportunities and supervisory structures for these young people outside the school sphere.
scolaire en Côte d’Ivoire en rapport avec le temps libre des élèves, c’est voyager au cœur de la problématique de la gestion des vacances scolaires comme un moment déterminant dans la vie des élèves. En effet, en marge de l’évolution de la scolarisation des élèves filles caractérisée au premier cycle du secondaire par un taux de 42,5% contre 58,7% pour les garçons et au second cycle de 25,3% pour les garçons contre 24,8% pour les filles selon la Direction de la Stratégie, de la Planification et des Statistiques (DSPS, 2014), il convient de souligner que le cursus scolaire de ces dernières se trouve, bien des fois, perturbé par les grossesses. Ces grossesses sont responsables d’après la Direction de la Mutualité et des Œuvres en Milieu Scolaire (DMOSS, 2014) de plus d’un tiers (1/3) des abandons. Mais en plus d’être une question sociale, la gestion des vacances par les élèves ne demeure pas moins une question importante dans la mesure où elle pose la problématique de la gestion du genre dans le système éducatif ivoirien.
Par ailleurs, des données statistiques du Programme National de Santé Scolaire et Universitaire (PNSSU) de 2010 et 2013 révèlent respectivement 3750 et 5076 cas de grossesses précoces en milieu scolaire en Côte d’Ivoire contre 1292 cas en 2008 Ce phénomène touche la quasi-totalité des établissements scolaires depuis une décennie, y compris des écoles primaires. Et près de 40 % de ces jeunes filles ont abandonné l’école (Adélé A., 2015). En effet, des études réalisées pendant l’année scolaire (2020-2021) par la Direction des stratégies, de la planification et des statistiques (DSPS, 2021) du ministère de l'éducation nationale d’une part et par la Mutualité des Œuvres en milieu Scolaire (DMOSS,2021), ont dénombré pour l’année scolaire de la même période, 5833 cas de grossesses détectés en milieu scolaire sur le plan national selon le Ministère du Plan et du Développement (MPD, 2022). La Direction des Stratégies, de la Planification et des Statistiques (DSPS) du ministère ivoirien de l’Éducation nationale révèle pour l’année scolaire (2016-2017) 4 471 cas de grossesse (DSPS,2017). Dans le détail, 1 153 filles âgées de 9 à 14 ans, 2 398 de 15 à 18 ans, et 920 jeunes femmes de plus de 19 ans sont tombées enceintes au cours de cette période, précise le rapport intitulé « Statistiques scolaires de poche 2016-2017 ». Mais la compréhension du phénomène des grossesses en milieu scolaire et son actualité sont le plus souvent abordé et traité dans le cadre scolaire et /ou pendant la période de la scolarité oubliant de prendre en compte l’impact des vacances scolaires. Aussi, dans la recherche des responsables, la ministre en charge du ministère de l’éducation national en son temps (2013) n’a-t-elle pas hésité à pointer du doigt les enseignants, menaçant de punir et radier sévèrement les auteurs de grossesses en milieu scolaire. Selon la ministre, certains enseignants n’hésitent pas à profiter de leur autorité ou à monnayer des notes contre des services sexuels, une pratique surnommée les « NST », les « notes sexuellement transmissibles » en allusion aux MST, les maladies sexuellement transmissibles.
Dans son communiqué N° 002, la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH, 2014) rappelle aux Directeurs Régionaux et Départementaux, aux Chefs d’établissement, aux Chefs de Circonscription de l’Enseignement Préscolaire et Primaire, aux Conseillers Pédagogiques et aux Directeurs d’école du Ministère qu’ils ont obligation de protéger la jeune fille et de dénoncer tous les comportements répréhensibles de leurs agents qui portent atteinte à l’intégrité physique et morale de la jeune fille. Aux personnels enseignants et d’encadrement, la (CNDH, 2014) exige le respect scrupuleux de la déontologie de leur métier. Car la déontologie interdit formellement tout rapport sexuel entre l’enseignant et l’élève. Par conséquent tout enseignant reconnu coupable de viol ou d’abus sexuel sur une élève sera radié. Dans le même temps, il ressort de deux études réalisées par la DSPS et DMOSS que 95% des grossesses détectées en milieux scolaire, ont été contractées pendant les périodes de congés et des grandes vacances scolaires (DSPS, 2021; DMOSS, 2021). Mais la plupart des études ne mentionnent guère l’impact de la période des vacances dans la survenue des grossesses comme une variable explicative importante dans la compréhension du phénomène.
Dès lors, notre problématique peut être formulée en ces termes: comment les vacances scolaires qui constituent les espaces de temps libres, de non occupation pour les élèves peuvent-elles expliquer la survenue des grossesses en milieu scolaire, cadre d’occupation pour celles-ci?
I-1-Site et population
1.1 Site
La présente étude a pour champ d’investigation le lycée moderne de Port- Bouët. Cette commune est située au sud-est du district d’Abidjan. C’est une presqu’île qui se trouve entre l’océan Atlantique et la lagune Ebrié et qui s’étend le long du littoral maritime sur près de 30 km d’Est en Ouest pour une superficie de 111 km2 représentant environ 12,3% de l’agglomération d’Abidjan. Le type d’habitat de cette commune est tel que les maisons sont petites, resserrées les unes contre les autres ne donnant pratiquement pas la possibilité aux jeunes de rester à l’intérieure de celles-ci.
Au lycée moderne de Port-Bouët, selon l’Inspection d’Education dudit établissement, on dénombre près de 7350 élèves répartis en deux groupes. Un groupe du matin et celui de l’après-midi. On y a comptabilisé pour l’année scolaire (2020-2021) 19 nouveaux cas de grossesses contre 12 cas au cours de l’année scolaire précédente (2019-2020), soit une augmentation de 07 nouveaux cas enregistrés en (2020-2021). De 12 cas de grossesses, on passe à 19 nouveaux cas de grossesses, alors qu’une campagne de sensibilisation dénommée « zéro grossesses en milieu scolaire » à l’effet de réduire le phénomène ou l’enrailler définitivement au cours de l’année scolaire 2019-2020 y avait été organisée à l’intention de ces élèves (Inspection d’éducation du Lycée Moderne de Port-Bouët,2021).
Echantillonnage
La présente étude a circonscrit son champ d’investigation autour des élèves du Lycée Moderne de Port-Bouët en 2020-2021, adolescents et jeunes, dont l’âge varie entre 11 et 17 ans, (toutes classes confondues) porteuses d’une grossesse. A ce groupe-cible principal de 19 élèves porteuses de grossesses, nous nous sommes entretenus avec d’autres personnes ressources en fonction de la qualité de leurs statuts sociaux. Parmi elles, il y a (01) la présidente de la promotion 2020-2021 des élèves de Terminale, une (01) assistante sociale spécialisée dans le suivi des élèves en situation de grossesses, cinq (05) parents d’élèves dont les filles sont également porteuses de grossesses, une (01) élève volontaire non porteuse de grossesse et le seul (01) responsable des activités socioéducative à la mairie de Port-Bouët. Au total, vingt-huit (28) personnes ont été interrogées. Etant donné qu’il est parfois difficile d’interroger des individus sur certains thèmes qui paraissent délicats voire tabous, intimes (le comportement sexuel par exemple…), nous avons procédé par plusieurs stratégies pour interroger chaque enquêté selon leurs catégories sociales. S’agissant des dix-neuf (19) élèves porteuses de grossesses, c’est par l’entremise de l’assistante sociale spécialisée dans le suivi des élèves en situation de grossesses dudit établissement que nous les avons interrogées en fonction de leurs disponibilités afin de comprendre les circonstances dans lesquelles elles ont contracté leurs grossesses et l’expérience de grossesse qu’elles vivent. La présidente de promotion terminale est choisie sur la base de son statut social. Nous avons estimé qu’en tant que responsable de promotion et devancière, elle dispose des informations utiles sur le phénomène des grossesses de ses pairs en milieu scolaire quoiqu’elle-même n’étant pas porteuse de grossesse. En ce qui concerne l’assistante sociale spécialisée dans le suivi des élèves en situation de grossesse dans ledit établissement, elle a été choisi sur la base de sa qualité sociale (Assistante sociale spécialisée). Et en tant que telle, elle est plus proche des élèves en situation de grossesse par rapport à leurs propres parents. Sur cette base, elle dispose des informations utiles sur les élèves porteuses de grossesse dans l’établissement. Les parents d’élèves en situation de grossesse ont été sélectionné sur la base de leurs dispositions, disponibilités et volontés (choix par hasard) pour comprendre l’environnement de ce phénomène avec leurs filles en état de grossesse en milieu scolaire. Pour ce qui est de l’entretien avec l’élève volontaire non porteuse de grossesse, nous l’avons interrogé en vue de comprendre son point de vue sur le phénomène des grossesses contractées pendant les congés et vacances scolaires. Enfin, nous avons interrogé le responsable des activités socioéducatives de la mairie de Port-Bouët sur la base de sa qualité sociale pour apprécier la qualité et l’offre des services socioéducatifs qui relèvent de l’action des collectivités locales; à savoir, les bibliothèques, les aires et les espaces de jeux (détente et loisir) ou d’éducation prévus pour la jeunesse de la commune.
Méthodologie
Deux outils de collecte des données nous ont permis de recueillir les informations nécessaires à cette étude auprès des groupes-cibles suscités. Il s’agit du récit de vie (Paugam, 2010) ; (Clara, 2014) qui a été adressé aux élèves filles qui vivent l’expérience de la grossesse afin de connaître les circonstances de la contraction des grossesses. L’entretien semi-directif a concerné l’assistante sociale du lycée et les parents d’élèves. Il a permis de comprendre le niveau d’implication de l’établissement scolaire, des parents d’élèves dans la survenue des grossesses.
Les données collectées ont été analysées à partir de la méthode compréhensive de (Weber, 1965). La méthode compréhensive qui stipule que les actions individuelles sont la résultante de motivations a été mobilisée dans le but de rechercher le sens que les adolescents et leurs parents attribuent aux vacances scolaires. En effet, la question des vacances scolaires n’est pas abordée de la même manière par les parents’ que par les enfants. Ainsi, l’analyse qu’ils se font de la question relève du sens qu’ils lui attribuent. Ce sens provient de leurs interactions sociales particulières et du processus interprétatif qu’ils se font de la question.
II-1- Résultats: perceptions des vacances scolaires par les jeunes et par les parents.
Perception des vacances scolaires par les jeunes
Pour les jeunes, les vacances sont synonymes de liberté, loin des contraintes et autres stress de la vie scolaire. Elles représentent des moments où sautent les verrous des digues sociales et prennent place les fêtes en permanence. Les grandes vacances sont aussi la période de l’ennui par manque de divertissements appropriés. Alors elles ouvrent la voie à des moments d’expérimentation de tous les interdits y compris l’entrée en sexualité. Les vacances scolaires favorisent ainsi des actes qui se fondent sur le stimulus du moment dans un cadre qui sied.
Mademoiselle D.B. admise en classe de Terminale et présidente de la promotion des élèves des classes terminales pour le compte de la rentrée prochaine au lycée de Port-Bouët déclare:
Pendant les vacances, on doit décompresser, respirer un peu, faire le "show" car l’école c’est trop de stress.
Une autre élève, du nom de K. F., non porteuse de grossesse, en classe de Première soutient que les vacances représentent pour elles, des moments de liberté totale et de détente
Après une année scolaire harassante, les vacances sont pour nous des moments de détente, de séjour au bord de la mer, d’oisiveté. Ce que les parents ne semblent pas comprendre.
Perception des vacances scolaires par les parents d’élèves
Interrogée sur la perception des parents qui considèrent les vacances scolaires comme des moments de grandes dépenses (eau, électricité, petit déjeuner, réparation des robinets…) Madame D.B, mère de la présidente de la promotion Terminale du lycée de Port-Bouet exprime plutôt l’angoisse que les parents ressentent à l’approche des vacances scolaires.
Nos enfants, fatigués de tourner en rond dans nos petits salons finissent par se retrouver dehors. Dehors, il y a tout et nous ne sommes pas là pour voir ce qu’ils font. Pendant l’année scolaire par exemple, tu sais qu’à tel moment de la journée, ton enfant est en classe. S’il n’y est pas; à la fin de la journée, son éducateur t’appelle pour t’informer. Mais’s pendant les vacances, qui va t’appeler?
La commune de Port-Bouet est essentiellement composée de parents retraités; les vacances scolaires viennent donc mettre à nue la précarité des parents, c’est d’ailleurs ce que soutient un autre parent d’élève.
90 % des parents sont des retraités et ils vivent dans des deux ou trois pièces qu’ils transforment pour avoir un peu d’espace afin de loger la famille si bien que lorsque les vacances approchent, les parents s’inquiètent ou tombent dans l’angoisse.
II-2- Absences des offres de loisir aux élèves pendant les vacances scolaires
L’insuffisance de l’offre de loisir pose la problématique de la gestion de l’oisiveté par les adolescents scolarisés. En effet, dans la commune de Port-Bouet, hormis le Centre Pilote qui reçoit toute la jeunesse communale mais dont la capacité d’accueil et l’offre de divertissement demeurent fort limitées, il n’existe aucun autre cadre aménagé destiné aux divertissements des jeunes. Aussi ces derniers oisifs, désœuvrés et sans le sou sont-ils vite absorbés par les maquis[1] où ils s’adonnent à la consommation d’alcool, de tabac, de sexe et parfois même de drogue. Mais les maquis et autres bars climatisés sont aussi des endroits où s’organisent des surprises parties auxquelles les jeunes filles sont cordialement invitées. Aussi, Les grandes vacances sont la période de l’ennui par manque de divertissements appropriés déclare Mademoiselle A.R.
Le quartier est petit, les maisons sont petites. En dehors de la maison, il n’y a pas d’autres endroits où aller. Les maquis et les bars ont tout pris.
Une autre élève du lycée répondant au nom de O.F, porteuse de grossesse estime que
Les élèves s’ennuient pendant les vacances. Ils ne savent ni que faire de leur temps libre ni où aller. Le fait que les enfants trainent dehors est la faute des parents. Ces derniers se plaignent toujours de ce que les enfants gaspillent l’eau et l’électricité si bien que les factures grimpent pendant la période des vacances. En plus, ils font beaucoup de bruit et empêchent parfois les parents de se reposer.
Ici, il convient de rappeler que le quartier-Sogefia de Port-Bouet est pris en tenaille entre le camp militaire français et la mer si bien qu’il n’y a pas de possibilité d’extension, les habitants vivent à l’étroit.
Pendant les vacances, nos enfants malheureusement se livrent à des divertissements qui nous échappent.
On notera également l’organisation des concours de danse, de défilés de mode le tout couronné par des élections des Miss beauté où les jeunes filles sont invitées à se mettre pratiquement nues pour vanter la beauté de leur corps. En effet, lors de ces manifestations, les adolescentes sont de plus en plus habillées en jupette, pantalon stretch, robe de soirée... Les lauréates des concours de beauté sont la plupart du temps invitées dans les night clubs en guise de récompense par les organisateurs. C’est à grand renfort de publicité que les grandes brasseries de la capitale investissent les maquis pour faire la promotion de leur nouvelle marque d’alcool. Le recrutement des jeunes filles s’y fait en fonction de leur "rondeur". Mais ces organisateurs ne s’arrêtent pas qu’aux adolescentes des collèges et des lycées. Ils vont jusqu’aux enfants des classes maternelles et primaires avec l’organisation des awoulaba fitini[1]. Les awoulaba fitini et autres miss karaoké sont des activités organisées dans le cadre des bars climatisés pour choisir la jeune fille aux rondeurs aguichantes. Tout cela bien entendu au grand dam de certains parents.
Pour les adolescentes enquêtées, tous les sites qui constituent leurs lieux de divertissement ci-dessus énumérés sont des lieux de substitutions dans la mesure où aucune autre alternative ne vient les en détourner. Mais le problème est que la
[1] Maquis: Les maquis sont des restaurants où l’on sert les menus africains et surtout beaucoup de boisson sur fond de musique.
[2] Awoulaba: termes Akan signifiant la belle femme qui a des rondeurs, et Awoulaba-fitini : c’est un nom composé qui associe un terme Akan et un autre « fitini » en langue Malinké qui signifie petit ou jeune. Donc Awoulaba-fitini « c’est la beauté et la rondeur chez les jeunes filles de 11 à 14 ans »
tentation est forte de faire son entrée en sexualité. C’est le constat que fait Mlle K.M, élève au lycée moderne de Port-Bouet et portant une grossesse que nous avons interrogées.
C’est dans les concours de Miss-Awoulaba junior que j’ai eu mon premier rapport. L’organisateur en chef m’avait promis la victoire et il a dit que tout dépendait de moi si je voulais gagner le concours. A la rentrée, c’était gâté. Les parents ne veulent pas qu’on fréquente les maquis, mais pendant toute la journée on n’a pas d’endroits où aller.
Pour madame B.C, éducatrice spécialisée dans ledit lycée,
C’est lors des visites médicales systématiques au médico scolaire que le médecin nous signale les cas de grossesses. Ces visites ont lieu au mois de Novembre c’est-à-dire juste après la rentrée des classes.
Le temps des vacances apparaît ici comme une variable explicative de l’entrée en sexualité des adolescentes qui se déploie à travers l’offre des loisirs proposée aux élèves
II-3- L’affaiblissement de l’autorité parentale sur les jeunes pendant les vacances
Dans la commune de Port-Bouet, les habitations sont exiguës et chaudes. Les familles y sont nombreuses si bien que les enfants n’ayant pas suffisamment d’espace pour s’ébattre sont toujours dehors, dans ou autour des maquis. Devant cette situation, l’autorité parentale tombe en désuétude dans la mesure où le cadre de vie familial ne permet pas toujours de maintenir les enfants à la maison. Cet état de chose fait voir les vacances par les parents comme une grande période d’angoisse. L’expression de cette angoisse se laisse percevoir à travers les propos de M. A.T, d’un parent habitant derrière le maquis "Le Monopole"
Nos maisons sont petites. Trois pièces la plupart du temps. Nous sommes souvent obligés de transformer le salon pour offrir une couchette à toute la famille. Ces transformations empêchent la circulation de l’air. Il n’y a pas de véranda, il fait chaud. Il est difficile de rester sur place. Mais une fois qu’ils sont dehors, qui peut nous garantir ce qu’ils font. Tout peut arriver. C’est difficile.
Pour les parents en revanche, le temps de l’école, c’est le temps de l’encadrement institutionnalisé. Pendant ce temps, les parents cèdent le relais de l’encadrement de leurs enfants à l’école. Pendant les vacances scolaires, l’école remet le relais aux parents. Ceux-ci, pris dans le tourment de la vie professionnelle n’ont plus le temps matériel de suivre leurs enfants. C’est donc avec angoisse qu’ils voient arriver les vacances. Cette angoisse s’explique par le fait que non seulement les parents eux-mêmes ne sont pas outillés pour gérer le temps libre mais encore les pouvoirs publics n’offrent pas de cadres idoines pour accompagner les jeunes pendant les vacances scolaires si bien que les consignes de rester à la maison ne sont d’aucune utilité. L’insuffisance de l’offre de loisirs pose donc la problématique de la gestion de l’oisiveté des élèves pendant les vacances. L’expression de cette angoisse est également très palpable dans les propos de K.P
L’école nous aide à maintenir nos enfants. Dans la journée, quand tu es au travail, tu es tranquille en sachant que l’école surveille ton enfant. Mais en vacances, quand tu es au travail, c’est le désordre. Ils sont dans les maquis, dans les bars climatisés avec les garçons et voici la grossesse. C’est généralement à la rentrée des classes que le proviseur vous convoque pour vous apprendre que votre propre fille qui vit avec vous à la maison est enceinte. S’il y avait dans les communes deux ou trois bibliothèques, plusieurs aires de jeux bien aménagés, sans doute, cela offrirait-il à nos enfants une variété de divertissement. Que leur dire pour les retenir à la maison quand tu sens qu’ils étouffent dans ton petit salon? Nos enfants ne nous écoutent même plus.
II-4- L’absence de structure d’accompagnement hors de la sphère scolaire
L’action des collectivités locales pour l’encadrement des jeunes en dehors de la sphère scolaire
Concernant l’insuffisance des offres de loisirs aux élèves pendant la période des vacances scolaires, l’un des enquêtés, K.P responsable de l’action socio-culturelle de la mairie de la commune et père d’une élève enceinte déplore les dérives constatées dans les divertissements des jeunes d’une façon générale et souligne par la même occasion, l’incapacité de la mairie à mettre en œuvre une politique d’accompagnement uniquement destinées aux élèves.
La mairie œuvre pour toute la jeunesse communale. Elle n’a pas vocation à discriminer entre jeunesse scolarisée et jeunesse non scolarisée. Le Centre Pilote est à la disposition de tous. Il suffit d’en faire la demande. L’idéal aurait été de créer plusieurs centres aérés dans la commune avec le niveau de population que nous avons. Mais les moyens font défaut. Avec un seul centre aéré qui a une capacité de réception insignifiante et n’offre pas une variété de distraction à part le maracana[1], le basket. La salle polyvalente sert bien souvent pour les réceptions de mariages et autres. Ce qui pénalise les jeunes. Devant le vide laissé par les collectivités décentralisées dans l’encadrement des jeunes pendant le temps libre des vacances scolaires, les opérateurs économiques œuvrant dans la restauration (maquis) et la vente de boisson proposent leurs activités et leurs espaces aux jeunes. Ici, à Port-Bouët, chaque pâté de maisons à son maquis, son bar climatisé que les jeunes prennent d’assaut. Ils y sont assis toute la journée et parfois très tard dans la nuit.
Pour K.P, cette situation est due au manque de moyens des mairies.
Nous sommes conscients du problème mais les mairies n’ont pas toujours les surfaces financières requises pour accompagner et encadrer les jeunes en dehors de la sphère scolaire. Avant, les vacances étaient rythmées par des compétitions sportives, artistiques et musicales qui opposaient les communes entre elles. Aujourd’hui, c’est l’alcool, le tabac, la drogue, le sexe et la violence. Les choses ont bien changé.
L’action des pouvoirs publics pour l’encadrement des jeunes en dehors de la sphère scolaire
La récession économique qui frappe de plein fouet les pays africains a laissé bien des économies exsangues notamment celle de la Côte d’Ivoire. Aussi les structures d’accompagnement et d’encadrement des jeunes hors de la sphère scolaire sont-elles quasi inexistantes. Pire, les infrastructures qui abritaient jadis des manifestations ludiques pendant les vacances sont tombées en ruine faute d’entretien ou détruite par la crise militaro-politique que le pays a connu.
Pour K.P, de la mairie de Port-Bouet,
Dans toutes les villes du pays et principalement à Abidjan, l’oisiveté des adolescents est exploitée par des organisateurs de divertissements qui leur offrent des loisirs indécents dont les conséquences sont sous nos yeux. Toutes les infrastructures d’accompagnement et d’encadrement des jeunes en dehors de l’espace scolaire sont prévues dans le cadre des projets d’aménagement des villes dites villes durables d’ici 2060. Pour le moment, les maires font ce qu’ils peuvent.
De ce qui précède, on note une différenciation de la perception des vacances scolaires chez les jeunes que chez les parents, on observe également que la commune est à l’étroit, les maisons étant petites, resserrées n’offrent pas suffisamment d’espaces d’épanouissement. En plus, il n’y a pas d’offres de loisirs destinées aux élèves pendant les vacances scolaires. En outre, l’environnement sociétal est caractérisé par la présence des maquis, des boites de nuits animés par tous types de musique du moment, le tout couronné par des concours de Miss Awoulaba. C’est là où l’alcool coule à flot, le sexe est manipulé à souhait et souvent la drogue circule librement. Par ailleurs, il y a une absence généralisée de structure d’encadrement et d’accompagnement des jeunes hors de la sphère scolaire. Tout cela contribue à affaiblir l’autorité parentale sur les enfants et surtout les élèves en dehors du milieu scolaire. En un mot, voici l’environnement qui favorise la survenance ou la contraction des grossesses pendant les congés et les vacances scolaires.
Les verbatim recueillis au cours de cette étude mettent en procès l’insuffisance des offres de loisirs dans la commune de Port-Bouët. Les moyens de contournement, de notre point de vue, dont usent les élèves consacrent leur entrée en sexualité. Des facteurs d’ordre structurel et donc politique sont mis en avant pour le justifier. Mais le phénomène est bien plus profond car il touche la société globale. En effet, l’accompagnement et la prise en charge des élèves en dehors du temps scolaire constituent un réel enjeu de développement social. Le temps libre est propice à la découverte et à l’apprentissage. Il participe pleinement au développement de l’individu, en lui permettant d’acquérir les ressources et les compétences nécessaires à son insertion sociale ultérieure si bien que ce temps ne peut être ignoré dans le processus individuel du développement de l’enfant. Il est par essence un temps éducatif, au même titre que l’école, que le temps familial, que le temps passé avec ses pairs…, où les jeunes acquièrent des bases cognitives et développent des compétences adaptées à leur intégration scolaire, professionnelle et sociale. Ce que l’on dénomme le temps libre constitue ainsi un réel enjeu de société selon (Esping-Andersen G., Palier B., 2008). Les enfants constituent un bien collectif positif et donc le développement de leurs compétences cognitives et sociales est un défi majeur pour le devenir des sociétés en voie de développement. (Olivier D., 2010)
Le temps libre peut être pour la jeunesse le temps de la liberté, celui de la curiosité et du jeu, de l’observation de ce qui l’entoure comme de la découverte d’autres horizons. Il ne doit pas être le temps de l’abandon (François M., 1995). Dans le présent contexte, l’insuffisance des offres de loisirs prend des allures d’abandon de la jeunesse. En effet, non seulement les pouvoirs publics ne prolongent pas leurs actions de socialisation au-delà de la sphère scolaire mais les parents ne vivent pas non plus dans un environnement social offrant des possibilités de loisirs sains. Il convient également de signaler que la plupart de nos quartiers sont de véritables cités dortoirs que les entreprises immobilières n’équipent guère en infrastructures sportives (piscines, gymnases, terrains de sports collectifs...), en salles de conférences, de représentations dramatiques. Les espaces verts sont vites transformés en maquis au grand dam des jeunes qui transforment les chaussées en terrains de football.
Etudiant les cas de grossesses en milieu scolaire dans la commune d’Abobo, (Vonan Amangoua et al, 2016) montrent que l’école est un lieu qui « favorise » les grossesses précoces. Mais autant l’école comme espace de rencontres multiformes favorise les grossesses des élèves, autant les sphères hors de l’école sont également des terrains fertiles où se contractent les grossesses parce que la digue de protection que l’école était censée assurer saute complètement. L’autre digue que constitue l’autorité parentale connaît un affaissement préjudiciable. La conjugaison de toutes ces faillites porte la grande responsabilité de la contraction des grossesses dites grossesses en milieu scolaire. Aussi la prise en compte des deux aspects du phénomène augurerait-elle de solutions idoines, ce, d’autant plus que des études réalisées par la DMOSS (Direction de la Mutualité et Des œuvres en milieu scolaire) ont dénombré pendant l’année scolaire 2020-2021 que sur un total de 5833 cas de grossesses en milieu scolaire sur le plan national, 95% de ces grossesses ont été contractées en dehors du temps de l’école c’est-à-dire pendant les vacances ou les congés scolaires (DMOSS, 2021). Mais la prise en compte de la gestion du temps libre comme élément catalyseur n’apparaît pas dans bien des études à l’exemple de celles de (Ouattara Nanfonhoro et al, 2016) qui ont axée leurs recherches sur la réduction de l’espérance de vie scolaire des adolescentes du fait des grossesses et de celle de (Kouakou Bah, J.P et al 2018) qui a recherché les facteurs déterminants et les répercussions des grossesses précoces.
En rapport avec la gestion du temps libre mais de façon incidente, une étude de la Direction de l’Egalité et de l’Equité du Genre du Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation a observé en 2020-2021, un retour à la case départ avec les chiffres qui sont remontés à 5000 cas après la baisse tendancielle de 2017-2018, résultats des campagnes « zéro grossesses » (DEEG,2021). Cette remontée s’explique selon la Direction de l’Egalité et de l’Equité du genre par les tenues vestimentaires indécentes des filles et surtout par la récente fermeture des classes du fait de la pandémie de la Covid 19. L’évocation de la récente fermeture des classes dans le résultat de l’étude du Ministère de l’Education Nationale établit donc de façon implicite la responsabilité de la gestion du temps libre aussi bien par les parents, les élèves que par les pouvoirs publics dans la mesure où les élèves n’étaient pas sous la responsabilité de l’institution scolaire. Dès lors, les résultats de notre enquête montrent bien l’impact du temps libre sur les contractions des grossesses. Par voie de conséquence donc, la gestion du temps libre des vacances convoque l’entrée en jeu d’autres formes institutionnelles pouvant prolonger l’action de socialisation des adolescents en dehors de la sphère scolaire. Ainsi, dans la Documentation du Processus de Mise en Oeuvre de l'Education Sexuelle Complète préconise pour la Côte d’Ivoire dans le cadre de la politique nationale de la Jeunesse 2018-2030 de mettre l’accent sur le renforcement des projets de Santé Sexuelle et Reproductive (SSR), de la lutte contre les mariages et grossesses précoces, les Violences Basées sur le Genre (VBG), et les comportements addictifs (UNFPA WARCO, 2018). Cela se fera entre autres par la sensibilisation, les animations culturelles, sportives et artistiques, le renforcement du module de formation sur la SSR dans le curriculum de l’Institut National de la Jeunesse et des Sports (INJS) et finalement le renforcement des capacités des formateurs. Mais il y a surtout nécessité de placer les projets destinés à la jeunesse hors du champ du lucratif, d’engager une politique de promotion de la jeunesse, impulsée par l’État, ses ministères en relais avec les collectivités territoriales et en partenariat avec les forces éducatives de la société. Le document pour l’année 2018 de l'Agence des Nations Unies pour la Santé Sexuelle et Reproductive (UNFPA) section Côte d’Ivoire insiste sur le rôle qui doit être celui des pouvoirs publics dans l’accompagnement des jeunes. En 2013, le Festival National des Arts et Cultures en Milieu Scolaire (FENACMIS) pour thème principal la lutte contre les grossesses en milieu scolaire mais les médias qui ont couvert l’évènement, n’ayant pas réalisé où n’étant pas intéressés par le côté pédagogique, n’ont pas profité de l’opportunité pour faire passer le message sur les Grossesses Non Désirées (GND), la Santé Sexuelle et de la Reproduction (SSR) et les Violences Basées sur le Genre (VBG). (Dayoro Kevin, et al, 2016) interpellent l’autorité parentale sur les dangers que la société capitaliste fait peser sur la jeune fille. En effet, l’hyper sexualisation de la jeune fille est devenue un moyen d’acquérir de nouveaux marchés pour l’écoulement des produits de l’économie capitaliste dans cette catégorie sociale caractérisée du fait de sa jeunesse par le mimétisme et le besoin de « paraitre » pour s’affirmer. Cette hyper sexualisation de la jeune fille est le triomphe du consumérisme où tout y compris l’homme, devient objet de consommation selon (Zygmunt B., 2013). La vie est prise dans un tel flux incessant de la mobilité et de la vitesse qu’elle induit la naissance d’un nouveau concept: les pré-adolescentes. Cette notion les fait sortir de l’enfance pour leur ouvrir précocement les portes de l’adolescence et de surcroit sans préparation. Cette étape est un basculement de la vie sociale où les conditions dans lesquelles ses membres agissent changent en moins de temps qu’il n’en faut aux modes d’action pour se figer en habitudes et en routines. Ce basculement de la vie du fait de la modernité est ce que (Zygmunt, B.,2013) nomme la liquéfaction sociale et que Dayoro Kevin, Vonan Amangoua et al décrivent si bien : Mais dans un contexte de globalisation et d’urbanisation, ces réalités d’apprentissage ou d’encadrement de la vie sexuelle tendent à disparaitre pour laisser la place à des parents qui sont certes gênés par la question de la sexualité mais bien plus ne sont pas eux-mêmes réellement informés et donc ont du mal à transmettre. En outre, dans la réalité des nouvelles technologies de l’information, les adolescents sont mis en contact involontairement, la première fois, avec des sites pornographiques, dans les cybers, par le biais de publicités subtiles et intempestives. Passé l’instant de surprise, les adolescents eux-mêmes finissent par curiosité à s’approprier ces sites pour laisser par la suite naitre le désir qui s’assouvit par le passage à l’acte. (Dayoro K., et al, 2016).
L’affaiblissement de l’autorité parentale et l’angoisse des parents résultent du choc temporel qui existe entre les parents retraités et leurs enfants dans une cité dortoir dépourvue de structures d’encadrement des jeunes.
Cet article avait pour objectif de comprendre l’impact des vacances dans la contraction des grossesses par les élèves du Lycée Moderne de Port-Bouët (Abidjan, Côte d’Ivoire). La survenance des grossesses observées en milieu scolaire s’explique par certains facteurs liés aux vacances scolaires, lieux de contractions des grossesses par les élèves. Plutôt que d’interroger le milieu scolaire où les grossesses sont observées, la méthodologie a consisté à questionner à partir des entretiens semi-directifs l’environnement des élèves pendant les vacances scolaires, lieu de contraction des grossesses. Pour ce faire, nous avons interrogés le cadre de vie familial, l’environnement sociétal où évoluent les élèves en période de vacances scolaires. Même si certains responsables en charge de l’encadrement des élèves en milieu scolaire ont été abordés (Assistante sociale spécialisée par exemple), c’était juste pour comprendre leurs expériences et leurs niveaux d’implication dans le suivi des élèves porteuses de grossesses observées dans ledit milieu.
Aussi cet article a-t-il montré que l’inexistence des structures d’accompagnement et d’encadrement des jeunes hors de la sphère scolaire favorise l’entrée précoce en sexualité des adolescents-élèves. Ce sont entre autres : le manque d’offres de loisirs proposés aux jeunes pendant le temps libre des vacances, l’affaiblissement de l’autorité parentale et le manque de stratégies mobilisées par les collectivités décentralisées et les pouvoirs publics dans le but de poursuivre le processus de socialisation des jeunes en dehors de la sphère scolaire. Mais l’ensemble de ces facteurs est soutenu par la représentation que les adolescents ainsi que leurs parents se font des vacances. Représentation qui quelque fois s’oppose. Pendant que les parents expriment leur angoisse devant leur incapacité à gérer le temps libre de leurs enfants, les jeunes trouvent dans les vacances un moment de liberté, de décompression et de fête. Toute chose qui par ailleurs signe l’entrée en sexualité des adolescents.
L’étude a été menée auprès de 28 personnes dont (19) filles du Lycée Moderne de Port-Bouët porteuses d’une grossesse, cinq (05) parents d’élèves porteuses de grossesse, une (01) jeune fille volontaire non porteuse de grossesse et de la (01) présidente de la promotion terminale, une (01) éducatrice spécialisée et un (01) responsable des activités socioéducatives. Les données collectées ont été analysées dans une perspective compréhensive.
Il ressort de cette étude la nécessité de la bonne gestion du temps libre des vacances scolaires. Cette nécessité convoque l’entrée en jeu d’autres formes institutionnelles d’encadrement des jeunes. Ces nouvelles formes poursuivront le processus de socialisation en dehors de la sphère scolaire.
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